Engendrer sans posséder, agir sans s'attacher, faire croître sans opprimer, voilà la Vertu Mystérieuse (Lao Zi)

Outre les pratiques alchimiques qui procèdent à une transformation spirituelle par le travail de la Nature et de la Vie, l'éthique taoïste héritée des philosophes antiques Laozi et Zhuangzi est très présente. On peut comprendre la pratique alchimique comme l'outil de réalisation et l'éthique taoïste l'aboutissement naturel qui transforment l'individu de l'intérieur jusqu'à développer des qualités particulières  comme le Wuwei (mal traduit par "non agir") et finalement le Ziran ("naturel"), dont le sens est très différent de la Nature au sens où on l'entend généralement.

Parmi les idées éthiques taoïstes on peut citer :

- le refus de la gloire
- les limitations de l'ambition
- le non-attachement
- les limitations du désir (et non pas son exclusion)
- la simplification de sa vie
- le désintérêt pour les biens matériels
- savoir se contenter de ce que l'on a
- limiter ce que nous possédons

Ces points ne sont pas tant un guide de conduite individuelle que le résultat naturel d'une pratique correcte amenant la fusion avec le Dao.
Si ces qualités taoïstes sont aujourd'hui recherchées de manière très inégale dans la communauté taoïste, elles ne restent pas moins un point essentiel de la pratique taoïste, auquel nous attachons beaucoup d'importance. Nous entendons évidemment par là le développement spontané de ces qualités au point qu'elles font partie de la nature, et non ce que Laozi désignait par la "vertu forcée" qui est la plus basse des vertus, c'est-à-dire celle qui est recherchée à tout prix et qu'on érige en étendard. La "vertu" taoïste par excellence est la "vertu cachée" [yin de], celle qui ne se voit pas au premier regard, celle qui n'appelle pas le regard sur elle.

Xin Ming, le 20/07/2007