A la fin de la dynastie Jin, tous les disciples directs de Wang Chongyang étaient décédés hormis Qiu Chuji le plus jeune d'entre eux. Les héritiers de l'école Quanzhen se rallièrent donc naturellement au dernier héritier et chef d'école. Durant la dynastie Yuan, Qiu Chuji, en développant des relations privilégiées avec le pouvoir Mongol, sut préserver le taoïsme Quanzhen à une époque où les taoïstes n'avaient pas forcément les faveurs du pouvoir. Qiu lui permit non seulement de prospérer, mais attira l'adhésion de beaucoup de taoïstes d'autres écoles qui souhaitaient préserver leurs temples et leurs privilèges. Malgré l'héritage de courants prestigieux comme celui de l'aîné Ma Yu (ou Danyang), le courant de Qiu prit son essor malgré certaines dissensions internes entre les héritiers du Shaanxi (au Nord, la région natale de Wang Chongyang où se diffusa en dernier lieu le Quanzhen) et ceux du Shandong (à l'Est) où commença vraiment le mouvement initial avant de devenir une école taoïste reconnue.
C'est à ce moment que fut introduite la séparation entre Quanzhen du Nord et Quanzhen du Sud. Cette séparation est différente de celle impliquée par une manière d'aborder la pratique taoïste en donnant la priorité à la Nature [xing] (au Nord) ou à la Vie [ming] (au Sud). Cette autre séparation tardive se réfère à deux lignées différentes : celle de Wang Zhe, au nord mettant l'accent sur le travail de la Nature, née au Shaanxi de l'héritage de l'école d'alchimie interne [nei dan] des ancêtres Zhong Lü (c'est-à-dire Zhong Liquan et Lü Dongbin); celle de Zhang Boduan, née au Sichuan, mais diffusée au Sud durant les guerres entre les Song et les envahisseurs Jin (Jürchen). Quand les Jürchen eurent envahi le nord, faisant le souverain des Song prisonnier, le trône se déplaça au sud pour former une dynastie parallèle. Les héritiers de Zhang Boduan, issus aussi de la même école alchimique du Neidan de Zhong Lü, partirent eux aussi au sud, fuyant notamment les répressions. Ces différences de méthode peuvent encore se faire sentir aujourd'hui bien que toutes les écoles monastiques se réclament de Quanzhen et de Qiu. Bien que les différences dans la pratique sont minimes tant les influences croisées ont été fortes au fil des siècles, il reste comme point d'achoppement l'usage des adeptes du sud de cultiver le Dao par le biais aussi des techniques sexuelles, rejetées par ceux du nord.
Le courant [zong pai] de Qiu fut connu comme courant Longmen ("Porte du Dragon") du nom de la grotte où Qiu avait cultivé le Dao. Il est le détenteur de l'héritage Quanzhen, aussi bien du nord que du sud. Il est aussi le représentant officiel du Quanzhen, dont le siège est au temple Baiyun Guan (Nuages Blancs, ex Changchun) à Pékin. Il regroupe en son sein beaucoup d'autres "branches" [zhi].
Xin Ming, 20/07/2007